Cette semaine, nous prolongeons notre échange avec Philippe Troussard. Après un premier volet consacré aux mutations du vignoble jurassien, le Meilleur Ouvrier de France en sommellerie et propriétaire des Caudalies à Arbois aborde les enjeux de l’appellation, entre renouveau et risques de dilution.
Depuis votre installation à Arbois, avez-vous le sentiment d’un renouveau stylistique au sein de l’appellation ?
Oui, très nettement. Il a fallu, d’une certaine manière, réapprendre à regarder l’appellation, qui s’était peu à peu figée dans ses habitudes. La remettre en mouvement, la dépoussiérer. À cet égard, le rôle des vignerons engagés en biodynamie a été déterminant, tout comme celui des nouvelles générations, venues insuffler un élan nouveau. Pendant longtemps, les goûts étaient assez uniformisés : un chardonnay répondait à des codes bien établis. Aujourd’hui, ces repères ont évolué. Les vins expriment davantage leur lieu d’origine, leur terroir, portés par des pratiques plus respectueuses et plus précises.
Comment expliquez-vous ce basculement ? À quel moment avez-vous senti que ces repères commençaient à vaciller ?
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