
Pionnier de la viticulture normande, Gérard Samson plante en 1995 les premières vignes des Arpents du Soleil, dans le Calvados. Une aventure longtemps jugée improbable, née d’une intuition, de recherches historiques et d’un véritable combat administratif. Aujourd’hui retiré de la vie du domaine, il revient avec nous sur cette aventure presque romanesque.
Gérard, longtemps, planter de la vigne en Normandie relevait presque du rêve. D’où vous est venue cette conviction que c’était possible ?
Je pense que cela vient tout simplement de mes antécédents familiaux. C’est ce qui m’a donné ce goût pour la vigne et pour le vin. Il fallait que, d’une façon ou d’une autre, cela se réalise quelque part. Comme j’habitais en Normandie, vraisemblablement, l’idée est venue de là. Derrière cette idée de la Normandie s’en cachait une autre qui m’intéressait beaucoup également : celle de la limite septentrionale de la culture de la vigne.
Avant même de planter, vous vous transformez presque en historien. Pourquoi ?
J’ai des passions multiples et, quand quelque chose m’intéresse, cela m’ouvre un champ incroyable de recherches. Lorsque j’étais étudiant à la faculté de droit de Caen, je montais au dernier étage de la bibliothèque universitaire où se trouvait tout en haut un fonds normand, à l’époque en accès libre. J’ai commencé à fouiller tout ce qui pouvait concerner la vigne, puis j’ai étendu mes recherches à d’autres fonds et archives. J’avais donc besoin d’aller le plus loin possible sur le sujet.
Et ces recherches vous conduisent jusqu’à un ancien vignoble situé précisément à l’emplacement de votre futur domaine ?
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