
Près de cinquante domaines professionnels cultivent aujourd’hui la vigne en Bretagne. Pourtant, aucun ne peut encore revendiquer officiellement cette origine sur ses bouteilles. Président de l’Association pour la Valorisation des Vins de Bretagne, Romain Le Guillou nous explique pourquoi les vignerons bretons travaillent désormais à la création d’une IGP « Vins de Bretagne ».
Romain, vous êtes président de l’AVVB. Alors que l’ARVB et l’AVB existent déjà, pourquoi les vignerons bretons ont-ils jugé nécessaire de se doter d’une nouvelle structure ?
L’AVVB a été créée fin 2024. C’est une émanation de l’AVB, l’Association des Vignerons Bretons, qui regroupe depuis 2021 les vignerons à vocation professionnelle. L’ARVB, de son côté, rassemble depuis 2006 les vignes familiales et associatives. Au sein de l’AVB, une réflexion est rapidement apparue autour de la nécessité de travailler à la reconnaissance officielle des vins de Bretagne à travers la création d’une indication géographique protégée (IGP). Nous avons donc décidé de créer une structure dédiée à ce projet spécifique.
Aujourd’hui, sous quelle dénomination les vins produits en Bretagne sont-ils commercialisés ?
Depuis la libéralisation européenne des droits de plantation en 2016, il est possible de planter de la vigne partout en France. En revanche, les vignes plantées dans les régions qui ne disposent pas d’une indication géographique reconnue ne peuvent revendiquer que la catégorie « Vin de France ». Concrètement, cela signifie qu’un vin issu de raisins cultivés en Bretagne ne peut pas aujourd’hui être présenté comme un « vin breton ». Pour cela, il faudrait disposer d’une IGP ou d’une AOP.
Concrètement, aujourd’hui, existe-t-il malgré tout un moyen de faire apparaître l’ancrage breton sur les bouteilles ?