
« On recense environ 2500 occurrences du mot “vigne” en Bretagne »
Longtemps considérée comme étrangère à la viticulture, la Bretagne redécouvre aujourd’hui une mémoire oubliée. Depuis près de vingt ans, l’ARVB accompagne amateurs passionnés et futurs vignerons dans la renaissance progressive du vignoble breton. Yves Abautret revient sur cette aventure collective qui écrit désormais une nouvelle page des vins bretons.
Yves, avant même de parler de renaissance du vignoble breton, est-ce qu’on peut rappeler quelle place occupait historiquement la vigne en Bretagne ?
Oui, on peut en parler, puisque c’est assez bien documenté. Avant toute chose, il faut d’abord préciser ce que l’on entend par Bretagne. L’ARVB agit sur le périmètre de la Bretagne historique à cinq départements, avec la Loire-Atlantique. Mais il est évident qu’on ne peut pas ignorer que les trajectoires du pays nantais et celles des quatre autres départements bretons ont été très différentes.
Dans quelle mesure ?
Le pays nantais n’a jamais connu de véritable rupture viticole : on peut parler d’une continuité d’activité depuis 1 500 à 2 000 ans. En revanche, dans le reste de la Bretagne, la viticulture commerciale et professionnelle a quasiment disparu au début du 20e siècle.
Pour autant, les traces de vigne sont nombreuses et bien documentées. Nous en parlons régulièrement lors de conférences, car ce sujet intrigue beaucoup les Bretons. Beaucoup découvrent aujourd’hui, à travers les médias, que la viticulture redémarre et cela suscite une curiosité naturelle. On sait donc que la vigne est présente depuis l’époque gallo-romaine, au moins dans le pays nantais, grâce à des découvertes archéologiques. Ensuite, les traces apparaissent dans la toponymie : on recense environ 2 500 occurrences du mot « vigne » dans les noms de lieux en Bretagne.
Ces traces existent sur l’ensemble des départements de la Bretagne ?